Sommaire
Partager cet article
Catégorie

C’est dans une salle comble que Pierre Bayot, 77 ans, raconte l’histoire de la Ferme de Forestaille, où il a grandi et travaillé une partie de sa vie. Dans la salle, Nicole, qui a travaillé de longues années au service de la famille Bayot.

Dans un partage passionné et plein d’humour, il nous a fait le portrait d’une époque où hommes et chevaux ne faisaient qu’un pour travailler la terre. Pour ensuite faire place, peu à peu, à la mécanisation. Ainsi, un tracteur équivalait à trois chevaux. Il a fallu s’en séparer à un moment donné.

Ses grands-parents sont arrivés à Lobbes en 1923. Ils ont eu sept enfants. Ils y ont vécu les années de guerre, éclairés aux quinquets. Des résistants se sont réfugiés dans des étables, et des Allemands rôdaient dans le petit bois derrière la ferme. Pierre rapporte que sa grand-mère laissait les fenêtres ouvertes pour éviter qu’elles ne se brisent sous les balles.

Les parents de Pierre, André Bayot et Marie-Henriette Pier, ont repris la ferme en 1947. Ils ont eu trois enfants : Christiane, François et Pierre. La ferme était florissante : 150 hectares de terres cultivées, 50 chevaux dont 20 chevaux de trait destinés aux travaux des champs. La ferme se composait de nombreuses étables pour abriter poulains et chevaux ; veaux, vaches et boeufs, moutons, cochons, poules, chiens et une multitude de chats ! Des saisonniers du nord du pays venaient en renfort des sept ouvriers en place. La ferme, outre son immense grange, disposait d’une forge, de fenils, d’un hangar pour entreposer le matériel, d’ateliers, d’une laiterie, d’un réfectoire pour le personnel et un hébergement pour les saisonniers. Il y avait également un fournil, un vaste potager, des citernes d’eau de pluie, et un fumier si grand qu’il disait la richesse des lieux. A l’époque, un épicier ambulant passait deux fois par an pour des articles non produits à la ferme. Ils vivaient en parfaite autonomie, en harmonie avec leurs champs et leurs animaux.

La vie y était rude et pourtant joyeuse ! Pourquoi aller en vacances ?

Pierre et François ont repris le flambeau de leurs parents en 1974, avec la nécessité de diversifier leurs cultures et d’acquérir de nouvelles terres.

C’est avec beaucoup d’émotions que Pierre a fait revivre sa ferme natale où ont aussi grandi ses trois enfants, jusqu’à la vente de la ferme en 1983 par le propriétaire. Celle-ci fut revendue à deux reprises avant d’être rachetée en 2008 par le Fonds du Logement pour y créer un lieu de vie à vocation sociale.

Partager cet article